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L’intégration web, cette leçon d’humilité

Par Marie Guillaumet

Personne n’a la science infuse. Ni vous, ni moi.

Aucun savoir n’est immuable. Aucune technique n’est pérenne. Aucune pratique n’est parfaite. Le métier d’intégrateur web en particulier est une leçon d’humilité permanente.

Toute bonne pratique doit être discutée. Tout intégrateur doit se remettre en question.

Chaque projet web auquel je contribue est l’occasion d’apprendre des choses qui me servent pour le projet suivant. Chaque nouveau projet me permet d’expérimenter et de perfectionner mon approche du développement front-end. Je n’ai jamais produit deux fois le même code, même sur des sites très similaires. L’évolution technologique est telle que c’est presque impossible.

« Ça dépend. »

Je commence à avoir un peu de bouteille en matière d’intégration. Pourtant, plus les mois passent, plus j’intègre des sites, moins j’ai de certitudes. La seule chose dont je suis sûre, c’est qu’il n’y a pas de vérité absolue en matière d’intégration web. Même si un point particulier est conditionné par un certain nombre de bonnes pratiques, toute la particularité de ce métier subtil peut être résumé en une phrase : « Ça dépend. ».

Ça dépend du profil des utilisateurs du site, ça dépend du budget, ça dépend du planning, ça dépend du design, ça dépend des contraintes de développement, ça dépend des objectifs en terme de performances, de qualité et d’accessibilité, ça dépend des plateformes ciblées, ça dépend de l’expérience, du savoir et de la souplesse de chaque intervenant. Bref, ça dépend.

Prendre une décision dans cette immense champ des possibles ne dépend ni de vous, ni de moi. Aucune décision technique pour le web ne peut être la décision d’un seul individu. Pour pouvoir trancher, il faut s’en remettre aux objectifs du projet et à sa cible. Tout est question de contexte.

Débattre, confronter ses idées et sa pratique à celles des autres n’est pas utile, c’est indispensable. Remettre en question les pratiques appliquées depuis des années est une attitude saine. Rappelle-moi pourquoi on a l’habitude de faire comme ça, déjà ?

Errare humanum est

De même, reconnaître qu’on s’est trompé, qu’on a pris le problème par le mauvais côté, qu’on a mis en place une usine à gaz n’est agréable pour personne. Il faut pourtant en passer par là pour se perfectionner.

Force est de constater qu’une critique nous marque tous plus durablement qu’une louange. La faute à notre orgueil mal placé, je suppose. Pourtant, remettre en question nos habitudes de développement est la base même de l’apprentissage.

Se tromper et s’en rendre compte est la garantie qu’on ne commettra pas la même erreur deux fois.

Quand on nous a dit qu’il fallait séparer le fond et la forme, certains l’ont pris au pied de la lettre, et ont oublié qu’ils avaient le droit d’utiliser des classes pour éviter de répéter des déclarations de style au sein de la même feuille de style, multipliant les sélecteurs, court-circuitant la cascade et alourdissant le fichier CSS. Je l’ai fait.

Quand on nous a dit que les sprites, c’était bien, certains d’entre nous en ont usé et abusé. Certes, toutes tes icônes sont réunies sur un seul et même fichier, mais ton fichier pèse 800ko, dont une bonne moitié n’est jamais utile sur 95% des pages. Je l’ai fait.

Quand on nous a dit que le @extend de Sass était révolutionnaire, certains d’entre nous ont fait du zêle et l’ont utilisé massivement, sans se rendre compte qu’ils généraient ainsi des blocs énormes et court-circuitaient eux aussi la cascade. Ça aussi, je l’ai fait !

Un jour ou l’autre, en dépit de notre expérience, de notre passion et de notre sérieux, nous produisons tous quelque chose de moins bon que d’habitude. (Quand je dis « moins bon », on s’est compris !…)

Pire, dans notre pratique quotidienne, alors que nous sommes convaincus d’avoir bien fait notre travail, nous créons sans le savoir et sans le vouloir des problèmes aux collègues à qui nous passons le relais dans la chaîne de production web.

En tant que web designer, j’ai parfois créé des problèmes d’intégration alors que l’intégration n’avait même pas commencé, simplement en concevant un élément d’interface über compliqué. Le design de cet élément allait-il stimuler l’expérience émotionnelle des utilisateurs du site ? Peut-être. Le design de cet élément allait-il contribuer à exploser les charges prévues pour l’intégration ? Sans doute.

En tant qu’intégratrice, j’ai parfois créé des problèmes de développement avant même que le développement ait commencé. Quand j’en prends conscience, je jure mes grands dieux de ne plus commettre la même erreur. Et puis, le temps passe, et j’en commets d’autres.

Mais comment éviter ces effets de bord ? La vérité est là, tapie dans l’ombre, et elle nous observe de toute sa majesté, un sourire aux lèvres : nous ne le pouvons pas. Nous allons nous tromper, et nous devons nous tromper, afin de nous améliorer nous-mêmes, de partager nos retours d’expérience et d’éviter à nos condisciples de commettre les mêmes erreurs que nous.

Garder pour soi ce type de conclusions serait une grave erreur. Certains d’entre vous se disent peut-être que « c’est trop la honte » d’admettre de s’être trompé, que les autres vous montreront du doigt et se moqueront de vous. Encore cette histoire d’orgueil mal placé !

Dans les faits, nous sommes tous friands des histoires qui ont mal commencé mais qui finissent bien. Entre nous, quiconque admet s’être trompé, en démontrant ce qui n’allait pas et en proposant une solution, gagne le respect de ses pairs. De base, comme ça, simplement grâce à cette preuve d’humilité – humilité qui nous manque tant.

Car écrire un énième article sur les bonnes pratiques déjà connues, au fond, a une utilité limitée. Quid de tous les cas dont personne ne parle, des sources d’erreur et de confusion, des pièges à éviter, ou encore des leçons apprises à la lumière de la relecture de notre propre code, six mois après ? (« Par la barbe de Merlin, moi, j’ai écrit ça ?! »)

Il y a deux façons de considérer une erreur :

  1. soit comme un échec personnel (coucou l’égo démesuré !) ;
  2. soit comme une occasion de rebondir et de s’améliorer.

Pour embarrassants que soient ces moments de prise de conscience, s’ils peuvent être la source d’un coup de main donné à toute l’assemblée des experts front, c’est une jolie façon de transformer un vulgaire caillou en or.

À chaque jour son nouveau messie

Le problème, ces dernières années, c’est que tout ce qui se dit sur la Toile à propos des méthodes de développement front-end est relayé sur Twitter et a tendance à être pris pour argent comptant. À chaque jour son nouveau messie. Pour peu que le messie en question ait beaucoup de followers, peu de voix s’élèveront alors pour remettre sa parole divine en question : « Si lui, si elle le dit, c’est qu’ils doivent avoir raison ! ».

Pire, puisque les moteurs de recherche accordent de l’importance aux réseaux sociaux, ces billets messianiques, très partagés, remontent assez haut dans les résultats de recherche. En conséquence de quoi, grand est le risque de faire aveuglément confiance à ces articles, simplement parce que comme ils arrivent en premier dans Google, ils doivent être les plus pertinents.

C’est là tout l’art délicat de faire de la veille : il faut trier le bon grain de l’ivraie, et même parmi les bons grains, il faut expérimenter, encore et toujours, et ne jamais cesser de poser des questions, comme les enfants : « Pourquoi ? Mais pourquoi ? ».

Ajoutons à tout cela que le développement front-end est en train de vivre une révolution avec, entre autres, d’un côté les problématiques apportées par le responsive web design et de l’autre, l’utilisation des préprocesseurs CSS qui permettent une organisation plus modulaire de notre métier.

Les projets web que nous intégrons, vous et moi, sont devenus énormes : l’intégration web n’est plus l’apanage de quelques boîtes innovantes, de quelques geeks intégristes qui se pignolent sur les spécifications du W3C. Non, l’intégration web est devenue un pilier stratégique pour le web actuel. Paradoxalement, les contours de ce métier n’ont jamais été aussi flous.

On constate des différences de niveau importantes entre les professionnels qui exercent ce métier, à tel point qu’on en vient à se demander si tous les intégrateurs web et développeurs web front-end font réellement le même métier. Le développement web côté client est encore plus expérimental aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été.

Le simple fait d’hésiter constamment entre l’appellation « intégrateur web » ou « développeur web front-end » participe à ce trouble généralisé. Et que dire de ceux, de plus en plus nombreux, qui non contents de faire de l’intégration, font aussi du web design ? Et encore, je ne parle que du profil atypique que je connais le mieux ; il en existe pleins d’autres.

En plus du socle technique à la base de notre métier (sémantique, feuilles de styles, accessibilité, bonnes pratiques, interactions), les notions d’ergonomie, de référencement, de performances, de marketing et même de droit jouent un rôle important dans notre activité, sans qu’il soit pour autant possible de les quantifier, ni qu’un seul individu puisse exceller dans toutes. Nous avons tous notre spécialité.

La perplexité que nous ressentons lorsque vient le moment de choisir comment décrire notre métier et sous quel titre nous vendre n’est pourtant rien à côté de la grande confusion qui règne dans les discours des recruteurs IT. Les annonces de recrutement trop vagues et en même temps trop précises, les intitulés de poste qui ne prennent pas en compte les profils de moutons à cinq pattes, et les évolutions de carrière délicates – tout cela ne fait qu’ajouter un grosse louche de flou artistique sur une profession en pleine mutation. Déjà qu’on avait du mal à expliquer le métier d’intégrateur à nos proches…

Dans ce contexte troublé, comment aurait-on la maturité nécessaire pour affirmer: « Il faut faire comme ça » ? Les guéguerres sur Twitter, les vendettas par messages privés et les trolls auxquels nous avons fini par nous habituer prouvent bien que les choses ne sont pas claires. Même les intégrateurs expérimentés se prennent la tête sur les nouvelles problématiques – écrans haute définition, performances sur mobile, animations, SVG, préprocesseurs, typographie, etc.

D’autant plus que le parc informatique n’est pas mûr, lui non plus. Les spécifications de HTML5 et de CSS3 sont encore en cours de rédaction. Et, en dépit des petits malins qui codent uniquement pour Webkit et nous narguent avec un « c’est facile, regarde ! », la grande majorité d’entre nous devons assurer une interopérabilité optimale des sites que nous développons.

Je ne suis sûre de rien

Dans ce contexte, camper sur les certitudes que nous avions acquises dès 2003 avec la révolution réprésentée par CSS Zen Garden me paraît dangereux pour notre pratique actuelle.

Aujourd’hui, nous avançons, petit à petit, en continuant à expérimenter massivement. Le web est encore, en 2013, notre terrain de jeu favori. Chaque jour apporte son lot de découvertes, d’interrogations et de débats enflammés. Nous faisons, en quelque sorte, de la recherche sur la meilleure façon de procéder en fonction d’une contrainte donnée.

Mais tout ce que nous apprenons en ce moment risque d’évoluer, jetant aux oubliettes les méthodes et les bonnes pratiques que nous sommes justement en train de théoriser. Les discours consistant à dire qu’on a toujours fait comme ça, qu’on ne parlait pas de ces contraintes-là à l’époque ou encore que Eric Meyer a écrit un article en 2001 sur le sujet et que, par conséquent, ce qu’il y a écrit est vrai pour la postérité – tous ces discours-là sont surannés.

De même que les tutoriaux qui font leur apparition dès qu’un nouveau « buzz word » pointe le bout de son nez (par exemple, retina). Aujourd’hui, personne ne peut affirmer avoir trouvé la solution ultime qui répondra à tous les cas d’usage et à toutes les contraintes web. L’intégration web, c’est une délicate alchimie. On partage quelques astuces, on fait chauffer les alambics, mais aucun d’entre nous ne détient la formule magique – illusoire… – qui fonctionnerait à tous les coups !

C’est pourquoi je vois l’intégration web comme une leçon d’humilité permanente. C’est un métier dans lequel le concept d’obsolescence programmée fait sens : chaque jour, nous produisons des fichiers qui seront obsolètes quelques semaines plus tard. Chaque sortie de site est accompagnée par son lot de regrets et de pis-allers. « On verra plus tard si on a le temps. » Et puis, au final, on ne l’a jamais, ce temps. Il faut l’accepter.

Et quand vient notre tour de juger le travail de nos pairs, ne perdons pas de vue que nous ne connaissons pas les contraintes avec lesquelles ils ont dû jongler. Critiquons, mais de façon bienveillante. Soyons amicaux et respectueux les uns envers les autres. Après tout, nous ne savons pas ce par quoi un collègue intégrateur est passé pour aboutir à ce résultat-là – contraintes, planning, pressions…

Une seule certitude demeure, néanmoins : il devient urgent de mettre notre orgueil de côté, de rester humbles par rapport à une discipline fondamentalement mouvante et surtout, d’assumer nos erreurs.

Personne n’a la science infuse. Ni vous, ni moi.

Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.

– Socrate

61 commentaires

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Merci Marie pour cet article, qui j’espère fera prendre conscience au plus grand nombre de la quantité de facettes inhérentes à ce métier si passionnant.
Bravo !

Le 19 mar. 2013 à 15h41 par Stephan Obadia

Je t’aime Marie. *

* à toutes fins utiles, cet article résume parfaitement la vue que j’ai de mon métier d’intégrateur, rien de graveleux. :)

Je me permets d’ajouter qq ressources sur le sujet :
http://openweb.eu.org/articles/css-l-age-de-raison
http://openweb.eu.org/articles/integrateur-au-developpeur-front-end-un-maillon-essentiel-qualite-web

« Comme toujours avec tout dogme, on s’aperçoit que le suivre sans réfléchir apporte son lot de problèmes, l’intégration CSS ne fait pas exception. L’évolution du métier, des demandes et de ses pratiques implique une mise à jour et une vigilance constantes.

Un des enjeux du développeur front-end éclairé de demain (et d’après-demain) sera de savoir repérer ce qui est plus important au cas par cas : appliquer la règle à la lettre, ou être pragmatique. »

Le 19 mar. 2013 à 15h42 par Nico

Quelle sérénité dans le discours…

Je retourne à mes conflits jQuery avec tranquillité et plaisir – et en me reposant la question : ai-je fait le bon choix ?

Merci pour cette formidable lecture.

Le 19 mar. 2013 à 16h02 par Gaël

Juste parfait ! Cet article rassemble la plus grande partie de notre métier !

« Délicate alchimie » est la meilleure définition qui puisse définir l’intégration !!

Rien de plus à ajouter après la citation de Socrate ;)
Merci !

Le 19 mar. 2013 à 16h40 par Maxime

Très bel article, et moi aussi j’aime mon métier !

Enfin quelqu’un qui me comprend, j’ai envie de pleurer tiens.

Le 19 mar. 2013 à 16h47 par Thomas

Je me joins au concert de louange, c’est encore une fois ecrit d’une très belle plume et ça sonne juste.

Je plussoie Adrien, c’est un sujet qui amène forcement la discussion (après les applaudissements) et qui peut se prêter aisément à une conf ou atelier.

Chapeau :)

Le 19 mar. 2013 à 17h57 par Damien

Merci pour ce très bon article.

Juste une petite correction :
« qu’on a mis en place une machine à gaz »

Je pense que l’expression « usine à gaz » serait plus compréhensible.

Le 19 mar. 2013 à 22h49 par Greg

Très bon article, remarquablement écrit. C’est peut-être une remarque sexiste, mais je me dis que si tu avais été un mec, tu n’aurais pas écrit ce genre d’article. Je crois que nous (les garçons) avons beaucoup plus de mal à nous remettre en question, à accepter la critique, à reconnaître nos erreurs, nos insuffisances.

Le 19 mar. 2013 à 23h01 par Finneas

Merci pour cet article plein de bon sens et d’humilité . En effet, il est toujours simple de critiquer le code des personnes qui nous ont précédées sans remettre en perspective leur travail et le notre. Apprenons à être humble . Bref! Un article bien écrit à méditer , merci encore .

Le 20 mar. 2013 à 08h40 par Kawaiijchan

Chaque jour, j’apprends quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, j’ai appris que je ne suis pas le seul dans ce cas !
Merci !

Le 20 mar. 2013 à 09h23 par Gilles

Bonjour Marie,

Ton article est superbe et résume parfaitement ma vie d’intégrateur.
C’est bon de sentir qu’on est pas tout seul à se demander pourquoi, à chaque nouveau projet, on ne fait pas la même chose, et à se demander si c’est VRAIMENT la meilleure solution.

L’intégrisme HTML est une bonne chose, tant pis si ça choque :]]]]]]

Le 20 mar. 2013 à 09h46 par Pekopeko

Comme disait le poète : « sans technique, un don n’est rien qu’une sale manie ». Revenir sans cesse sur son ouvrage, être capable d’accepter la critique, de prendre du recul, d’ouvrir son champ de vision et ses horizons… ce sont là les premières qualités qui nous feront tous grandir. Un grand merci pour cette humble leçon qui nous rappelle à tous que nous ne sommes pas grand-chose (et qu’accessoirement, on est toujours moins bon qu’un autre).

Depuis toutes ces années, la seule raison pour laquelle je n’ai pas perdu foi dans notre métier, celui qui nous rapproche tous si puissamment parce que nous en sommes tous passionnés, c’est sa ressemblance frappante avec la ruée vers l’or. Le web, c’est ça : notre ruée vers l’or moderne. Des contrées sauvages inexplorées, du danger à chaque pas, et des histoires passionnées et fusionnelles dans une fièvre dévorante.

Ceci dit, la conquête de l’ouest ou la ruée vers l’or ce n’est quand même pas tout rose et bon nombre y ont laissé leur peau. Je crois que le web ne change rien à la donne : les trolls et les les folies furieuses pour telle ou telle nouvelle techno émergente sont bien là. Mais ils sont à mon sens nécessaire : tant pis pour l’utopie bisousnoursesque dans laquelle tout le monde s’aimerait et se ferait des tas de câlins (je t’ai vu STPo :P). On a besoin de ces batailles d’arrière-cour et de ces coups de poignard, parce que souvent, c’est comme ça qu’on prendra conscience du danger. On a besoin d’être bousculés, parce que les révolutions ne sont jamais propres, et que la jeunesse de notre métier le rend encore très instable.

Malgré tout, je crois que les vrais, les profonds passionnés, les sages d’entre-nous, savent faire preuve d’une réelle humilité. C’est une discussion que j’avais au dernier Paris Web avec @notabene, et on s’émouvaient[1] de constater que ce métier était finalement remplis de monstres-sacrés qui se faisaient tout petits devant d’autres, par simple admiration.

Ne perdons pas ça : cette humilité à laquelle tu nous rappelle avec brio nous est indispensable. Le jour où nous deviendrons des industriels du web, il faudra sérieusement penser à faire autre-chose :)

Merci, Marie.


[1] Oui, avec @notabene, on s’émeut toujours beaucoup… on pleure devant de grand chocolats chaud et trempant des chamallows dedans et puis ça va mieux :)

Le 20 mar. 2013 à 09h52 par madsgraphics

Merci pour cet article qui résume bien le travail et les contraintes d’un intégrateur ou dev front-end au quotidien..

Comme dit Pekopeko c’est bon de ne pas se sentir seul ! Etant intégrateur freelance, la critique des agences ou des clients qui nous sollicitent est souvent facile !!

Merci encore Marie ;)

Le 20 mar. 2013 à 10h20 par Alexandre

Un excellent article.

Quand on sait que les technologies sur lesquelles nous travaillons sont toutes très jeunes (html 4.01 date de 1999) et que beaucoup d’entre nous ont eu une voir plusieurs vies avant d’en venir à ce métier, il est clair qu’il faut se méfier de ceux qui vous disent qu’il faut faire comme ceci ou comme cela (je l’ai fait aussi).

Quand à la guéguerre entre les termes intégrateur web / développeur web front end j’ai toujours eu du mal le mot développeur. L’idée de faire pencher la balance côté développent ou webdesign est quelque chose qui prove que la place de l’intégrateur (car oui moi je suis intégrateur) dans la chaine de production est non seulement encore à définir, mais il faut la valoriser.

Le 20 mar. 2013 à 10h44 par Nicolas

Merci Marie pour cet article, on y sent ta passion pour ce métier et le partage.

Une des leçons que j’ai tirée de ma petite expérience est que pour faire face au changement et pouvoir accepter plus facilement ses erreurs, il est important de construire des choses le plus simplement possible.

Plus nous produisons des choses simples (ce qui peut s’avérer compliqué en soi), plus il sera aisé de revenir dessus, ce qui incite à se remettre en cause plus souvent, et fait finalement de nous de meilleurs développeurs.

Le 20 mar. 2013 à 11h24 par Kaelig

Effectivement, je +1-ise l’avis de Kaelig, les choses simples et élégantes (bref, efficaces) sont plus aisées à reprendre… et surtout à améliorer. (je dirais même les choses « naturelles »)

Ce superbe billet est en train de m’en inspirer un, merci Marie ! :)

Le 20 mar. 2013 à 11h33 par Nico

Bravo pour ce billet si juste et si bien écrit.

Entre l’évolution permanente des bonnes pratiques, des outils et des contraintes côté client (navigateur, écrans, résolutions…), le rôle crucial qu’il a sur la qualité (accessibilité, performances, ergonomie, référencement), et la communauté généreuse et hyper-active, ce métier est passionnant.

Merci de l’avoir si bien décrit !

Le 20 mar. 2013 à 11h53 par Goulven

Ex-intégrateur devenu encadrant de projets Web par amour du travail bien fait (quand on n’est pas bon, faut savoir se le dire), je ne peux qu’applaudir des deux mains cet article qui met en avant -en toute honnêteté intellectuelle- plusieurs dérives observées depuis qq années dans ce domaine de l’intégration péchant parfois par trop d’intégrisme…
La population des intégrateurs est soumise à des contraintes de plus en plus importantes et larges, entre conception et développement. Leur pouvoir opérationnel est donc grandissant au sein d’un projet, rendant hipster le plus bourrin des intés, qui pour certains sont les nouvelles divas du web…
Il n’en reste pas moins que, par trop souvent, le taf d’intégration est et reste ingrat, difficile et « en bout de piste », quand la pression est au plus fort et qu’il faut que le projet sorte coûte que coûte. C’est à ce moment-là que le moindre caprice passe pour une offense, un « nan mais allô quoi » ; alors qu’il aurait été tellement plus simple d’anticiper en mettant dans la boucle la personne en charge d’intégrer des la conception.
Cela change tout, pour l’avoir expérimenté puis généralisé dans ma petite agence, je peux vous assurer qu’à écouter et faire participer activement tous les acteurs de la « fabrication » bien avant la mise en production du projet, on obtient des résultats bien plus pertinents de la sorte.
Cela suppose de monter au front côté client, car cela ne correspond en rien aux modes d’organisations habituels (« c’est quand que je reçois les maquettes à valider ? »). Mais le jeu en vaut la chandelle, clairement…

Le 20 mar. 2013 à 12h32 par Nicolas

Waouh ! Une lecture passionnante car tellement vraie de bout en bout !

A la 2ème lecture, j’ai remplacé le mot intégrateur par le mot SEO, et finalement cela s’adaptait très souvent. Je suis persuadé que c’est le cas pour d’autres jobs.

Le 20 mar. 2013 à 21h13 par Sylvain

je comprends très bien la problématique de l’intégration web dans les projets faisant intervenir plusieurs personnes (chef de projet, développeur, infographiste, TMA).

La difficulté est proprement de bien définir le périmètre de chacun et surtout pour le cdp de bien spécifier les besoins et le travail de chacun.

La partie délicate est lorsque l’intégration web fait intervenir sur un point commun où travaillent plusieurs personnes…

Le 20 mar. 2013 à 21h44 par loran

Merci pour cette article!
Si mes étudiants pouvaient tous le lire… et surtout les agences qui les recrutent…!
Animer un débat sur le sujet à l’école avec profs et élèves?

Le 21 mar. 2013 à 10h13 par Neveu

Je ne lis pas souvent les articles jusqu’au bout car vite ennuyeux et perdants rapidement le fil du sujet par un manque d’objectivité évidant.

Mais là, que dire … un vrai point de vue, sans détour avec une plume agréable et une efficacité alléchante.

D’un coup, on se sent compris !

Le 21 mar. 2013 à 10h44 par Benoit

Marie, je… je t’aime. Voilà !

C’est l’article que j’aurais voulu écrire (si j’avais eu le temps, l’inspiration, le courage, la décence de le faire).

Merci.

Le 21 mar. 2013 à 13h09 par Twikito

Long article mais vraiment sympa à lire.
Un peu de philosophie dans ce monde d’intégration.
Ma phrase favorite « On verra plus tard si on a le temps. ». C’est pas qu’on veut mal faire mais la plus grosse contrainte c’est le temps (budget) alors on fait au mieux pour l’utilisateur.

Le 21 mar. 2013 à 14h20 par Rabot

« Et quand vient notre tour de juger le travail de nos pairs, ne perdons pas de vue que nous ne connaissons pas les contraintes avec lesquelles ils ont dû jongler.  »
Oui d’ailleurs on l’avait déjà évoqué sur un précédent article.
Cela étant heureusement dans ce chaos organisé permanent, il existe des constantes de repères « le client » ou « utilisateur final ».

Après la remise en question, je pratique depuis des années mais peut-être pas pour les mêmes raisons. Je relativise par rapport aux travaux que je vois ailleurs en constatant soit que la personne à fait un truc de fou (au sens ou c’est bien pensé) et du coup je vois ou j’ai pêché (quitte à utiliser le langage religieux des messies … ^^), soit car j’ai vu un truc dont je doute de la santé mental de la personne qui l’a fait (ce commentaire ce veut bien sûr humoristique/ironique car relatif au faite qu’on ne connaît pas les contraintes de l’intégration) et dans ce cas je vois des écueils auquel j’ai échappé et qui me font remettre en question mes méthodes pour voir si justement elles n’y sont pas non plus faillible et in fine s’il n’est pas possible d’améliorer en généralisant plus.

Bref, je ne vais pas faire un romain mais te remercie de ton article qui encore une fois est pertinent ;) Merci Marie :)

Le 22 mar. 2013 à 09h27 par Yves Astier

Ben voila, on se sent moins seul :)
Merci d’avoir pris le temps de rédiger cet article !

Le 22 mar. 2013 à 11h48 par Sébastien COLLET

Merci Marie ! Ca fait du bien de lire ceci, de me dire que je ne suis pas la seule à me poser des questions sur mon propre métier ! Et que finalement, ma remise en question systématique est « normale » :) Belle journée à toi !

Le 23 mar. 2013 à 10h17 par Myriam

Super article, mais vraiment. Tout à faire d’accord avec toi quand tu dis que ta méthode de développement évolue sans arrêt et que d’un site à l’autre il y a toujours des différence d’organisation et de conception. C’est aussi la preuve qu’on cherche constamment à améliorer la qualité de nos supports aussi bien en terme d’administration futur que de performance.

J’aime énormément ta vision du « restons humble ». En tant que développeur, il faut avouer qu’accomplir un nouveau défi et repousser ses limites c’est très épanouissant, ceci dit il faut garder les pieds sur terre et relativiser. Pour ceux qui auraient un peu de mal n’hésitez pas à faire un tour sur des sites comme celui des awwwards. Ils sont à la fois une source d’inspiration et une bonne claque pour les plus orgueuilleux d’entre nous ;)

+1 pour la mention à propos de CSSgarden. souvenirs, souvenirs…

Le 24 mar. 2013 à 21h46 par Creation site internet lyon

Ayant sévit en tant que modeste intégrateur web sur quelques projets, je ne peux que souscrire à ce que dit Marie dans ce billet. Tout y est: le doute nécessaire, la nécessité d’une veille intelligente et régulière qui ne s’appuie pas intégralement sur les résultats de Google, l’écoute aux pairs et aux clients. A diffuser dans les écoles de formations pour dégonfler certains égos et encourager ceux qui doutent.

Le 12 avr. 2013 à 17h45 par sergio_69

Ouais! Comme on en bave quelquefois… un cauchemar.

Quelquefois on est content d’une trouvaille, et puis boum : c’est pas compatible avec IE8. Pourtant, juré, c’était censé fonctionner!

Merci pour le partage.

Le 24 avr. 2013 à 16h12 par Olivier C

Woaww, comme je me retrouve en lisant cet article.

Clair que le métier d’intégrateur web n’est en rien facile, mais d’un autre coté, je trouve ca aussi très jouissif, chaque projet amène son lot de contraintes mais aussi de découvertes, du coup, j’ai souvent l’impression de réaliser quelque chose de nouveau qui sera mieux que la fois précédente !!

Avec le recul j’aime beaucoup ce que je fais même si parfois cela représente de sacrés défis qu’il faut relever, perso je ne me verrai pas faire un boulot qui soit toujours le même jusqu’à la fin de ma vie ;-)

Le 21 mai. 2013 à 08h03 par Laurent

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